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 Lettre de veille de mai 2009
 Brand WAGENAAR
>Tendances économie :

Reprise, relance, redémarrage :
 Des signaux faibles.

Enfin, c’est la première fois depuis plusieurs mois qu’un ensemble de signes permet de penser que l’économie cesse de se dégrader. Ce qui ne veut pas dire que le redressement sera ample et rapide.

Tout le monde l'espère la fin de la descente. Et chacun en guette le moindre signe. La reprise sera-t-elle bientôt visible ? Quels sont les bons indicateurs ? Peut-on tabler sur 2010 ? Plus tôt ? Bien plus tard ? Il existe tellement de mobiles légitimes à ces foules d'interrogations inquiètes qu'on en oublie de s'interroger sur l'idée même de reprise et le mode de relance. Ce que l’ensemble des acteurs souhaitent, c'est avant tout que les affaires reprennent. A l'évidence, on attend tout à la fois le retour de la croissance, de l'expansion, des embauches, des marchés haussiers, des profits. En termes moins naïfs, si l'on songe aux divers cycles proposés par les théoriciens de l'économie, on guette le point d'inflexion où le déclin général va s'inverser, où va commencer la remontée des indices, et où les baisses conjuguées laisseront place au retour vers à minima, la situation d’avant. (voir article des Echos – Roger Pol Droit)

Et tout le problème est là, car si relance ou reprise il y a, plus rien ne sera vraiment comme avant. Un ensemble de changements profonds a déjà initié une nouvelle donne, qui surprendra tous ceux qui pensent retrouver leurs habitudes.

Consommation : Pour l'instant, elle résiste, mais au prix de forts ajustements sur certains produits et services. (www.insee.fr )
Ce retour à l'essentiel, à l’achat du produit juste pour un juste prix, est un facteur majeur de progrès et d'innovations. Si la conjoncture ne se détériore pas davantage, on peut donc espérer une fois de plus en la consommation comme stabilisateur du système. A condition de ne pas rompre les équilibres, disent les experts, qui ne sont pas tous d’accord sur ce point.

La désinflation se poursuit : Bonne nouvelle pour les consommateurs français, même si elle est aussi le reflet de la crise économique. Les prix à la consommation ont augmenté de 0,2% en avril et ne progressent que de 0,1% sur un an, a annoncé l'Insee ce mercredi. L'inflation touche ainsi un plus bas depuis ... 1957. En mars, l'inflation s'était établie à 0,2%, avec une hausse annuelle de 0,3%.

Le redressement progressif mais continu des cours de la bourse, relâche la pressions sur les acteurs financiers qui se détendent. L’augmentation graduelle et continue  des cours du pétrole est l’un des premiers signes de stabilisation du système économique avant reprise. La production industrielle est toujours au plus bas, mais les stocks ont diminués et il va bien falloir relancer les machines pour répondre à la demande. 

Le chômage est malheureusement toujours en hausse, provoquant des tensions sociales de plus en plus difficile à gérer. Si le redressement de la production se confirme, son impacte sur la courbe du chômage ne se fera sentir qu’en fin d’année. L’épargne de précaution se poursuit et les crédits à la consommation baissent de façon significative (-18 %), preuve de l’inquiétude de la majorité des consommateurs. La reprise, si reprise il y a, ne se traduira par un retour de la confiance qu’au bout de plusieurs mois.

En avril la consommation de plantes n’a pas été trop influencée par la crise économique. Heureusement, car la santé financière des entreprises de production et de négoce a beaucoup souffert, le moral des entrepreneurs de ce secteur reste atteint et les intentions d’investissement ne sont toujours pas à l’ordre du jour.
>Tendance consommation

Evolution toujours orientée prix
 
L’institut Harris Interactive, en partenariat avec RTL Net a créé un baromètre pour mesurer les effets de la crise sur les Français. Le dernier sondage a été réalisé du 22 au 28 Avril 2009 au sein de l’omnibus en ligne bimensuel Harris Interactive sur un échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population française 15 ans et plus. Dans leur ensemble les Français jugent la crise grave et pérenne, Ils portent un regard très alarmiste son importance et les perspectives d’évolution :
  • Une majorité de Français considère que l’économie est très fortement touchée,
  • 1 Français sur 2 se sent personnellement affecté,
  • 2 Français sur 3 pensent que la situation va encore empirer,
  • 8 Français sur 10 situent la fin de la crise après 2010 ; 6 sur 10 après 2011
Pour résoudre la crise en France, les Français font avant tout confiance aux actions des dirigeants internationaux, et peu au gouvernement actuellement en place.

Le Hard Discount à le vent en poupe : Dans ce contexte de crise et d’inquiétude sur le pouvoir d’achat, le Hard Discount rencontre un vif succès. Selon une autre étude publiée ce mois-ci par TNS Worldpanel, le circuit du HD affiche une part de marché en valeur de 14,3 %, en progression de 0,7 point par rapport à 2007. La fréquence des visites du circuit se maintient quand les autres déclinent. Le référencement des marques nationales, qui souffrent d'une relative désaffection en GMS et qu'utilise le HD, permet d'attirer les clients et de les fidéliser. Le point faible de ces enseignes, 72 % des ménages français ont fréquenté le circuit HD en 2008 mais ils n’y ont consacré que 20,6 % de leurs dépenses. Par ailleurs, l’image du HD progresse dans l’esprit des consommateurs : sa côte d’amour augmente de 8 points, car Les points faibles comme la qualité des produits s’améliorent et les points forts se consolident.

Quant aux marques de distributeurs (MDD), elles poursuivent sur leur lancée et atteignent 29 % du marché en 2008 dans les hyper et supermarchés, contre 26,5 % en 2006.

En parallèle, la polarisation sur l'entrée de gamme d'un côté et le premium de l'autre semble s'accentuer.

Le commerce en ligne en France, qui a progressé de 20% l'an dernier, devrait voir sa croissance tomber à "seulement" 8% en 2009, indique une étude de Benchmark Group. Deux de ses principaux marchés, tourisme et produits high-tech, qui représentent à eux seuls 67% du chiffre d’affaires du secteur, sont en effet fortement touchés par la crise. Selon l’étude, internet va toutefois encore gagner des parts de marché sur les autres canaux de distribution. En 2008, son poids était de 3,4% dans la consommation des Français, contre 2,9% en 2007.

A la question de savoir si la fabrication en France est un label de qualité justifiant de payer un peu plus cher, 58 % de la population n'hésite pas à se déclarer tout à fait ou plutôt d'accord. Mais, au pied du mur, 6 personnes sur 10 déclarent que, à qualité égale, elles choisiraient d'acheter le produit le moins onéreux quel que soit son lieu de production ! Seulement 6 % de purs et durs rejettent cette réaction. Pour beaucoup, l'appel du porte-monnaie reste encore le plus fort.

Les bonnes intentions sont déclarées, une prise de conscience des consommateurs progresse, mais au moment de l’acte d’achat, le prix reste toujours un facteur déterminant.

>Tendance distribution :

Les marchés coopératifs Hollandais réduisent la voilure

Les volumes échangés et les prix sont en baisse : En début d’année FloraHolland prévoyait une réduction des frais en 2009 de 11 millions d’€. Ces prévisions étaient basées sur une baisse de chiffre d’affaires de 6 % comparativement à 2008. Sur la base du développement actuel des ventes le marché estime maintenant la baisse du volume des ventes de 2009 entre 10 et 12 % à cause de la baisse du volume des apports et la baisse des prix moyens. 2010 ne montrera pas d’amélioration sensible, selon les dernières prévisions.
Pour l’exercice 2009 la prévision d’économies de charge sera donc portée à 15 millions d’€. C’est pourquoi, en plus des économies déjà prévues de 11 millions d’€, 4 millions d’€ supplémentaire restent à trouver sur les frais généraux et les frais de salaires. Le marché coopératif espère à l’aide de ces mesures clôturer l’année avec un résultat d’exploitation positif, mais qui sera dans tous les cas inférieur aux 10 millions d’€ prévus. Malgré cette cure d’amaigrissement le but de l’organisme est de rester compétitif sur tous les marchés.

Moins cher et meilleurs par des aménagements structurels. En plus des mesures d’économie sur le court terme FloraHolland décide également de mesures sur le plus long terme pour que la fonction de ce marché et l’utilisation qui en est faite par tous les partenaires adhérents en soit simplifiée et amélioré. Ces mesures provoquent également des changements dans la vision stratégique à la lumière des dernières évolutions enregistrées. Déjà pour l’exercice  2010 une adaptation favorable du résultat d’exploitation est attendue, ce qui est très important pour le respect des fondamentaux financiers de la structure du marché. Les mesures concernent :
- L’accélération de la mise en œuvre  des enchères par l’image et la stimulation des transactions digitales,
- L’augmentation de l’exigence du contrôle qualité,
- L’évolution des opérations de logistique interne vers plus de flexibilité,
- La centralisation des fonctions d’intérêt général.
Les frais et investissements qui n’ont pas un lien direct avec ces mesures ou avec la réalisation du cœur de métier, seront sérieusement réduits.
Le soucis principale étant de limiter le plus possible les licenciements inévitables.

Négoce : les concentration de négociants se poursuivent à l’échelon Européen. Entamées il y a un an, les négociations conduites par le grossiste français Thomas Fleurs pour l'acquisition de la société catalane Flor Clos viennent enfin de trouver une issue après de multiples rebondissements administratifs. L'opération permettra au numéro deux du négoce de fleurs coupées en France d'entamer son internationalisation en pénétrant au cœur d'un marché réputé très fermé entre Madrid, Majorque et Barbela.

Les distributeurs en mouvement : Sur 8 850 m², le réseau français Jardiland inaugure son concept-store dans le centre commercial Carré de Soie à Lyon. Líoffre est agencée selon six univers différent et treize gammes. La dimension décorative occupe une part non négligeable. Un Bar végétal propose jus, salades et soupes. Le magasin, conçu comme " une expérience émotionnelle et une sollicitation active de tous les sens ", servira de modèle aux futurs points de vente du réseau.

Après une période d’observation attentiste qui a duré environs six mois, les différents acteurs de la distribution se remettent en mouvement. Les nouvelles prises de position s’accélèrent.

>Tendance production :

Redressement en avril

>Tendances environnement

Le végétal contribue au social

les jardins partagés, apparus en France dans les années 2000, permettent aux habitants d’une ville de jardiner et de cultiver ensemble en plein milieu du tissu urbain, ou ils font toujours fureur. On en compte aujourd’hui 50 à Paris, presque autant dans le Grand Lyon, 23 à Brest, 8 à Montpellier...Un véritable phénomène de société !

Au pied des immeubles, dans les parcs municipaux, sur des friches industrielles... En l’espace de dix ans, les jardins partagés ont poussé un peu partout dans les grandes villes françaises, y compris dans les endroits où on ne les attendait pas. Une expansion rapide orchestrée à l’échelle nationale par le réseau "Le jardin dans tous ces état" dont la création a été encouragée en 1996 par la Fondation de France. Ses membres ont eu l’idée d’importer en France le concept de "jardins collectifs urbains" né à New York au début des années 1970. Plus connus sous le nom de "community garden", ils reposent sur le principe de faire jardiner ensemble, sur des parcelles à la superficie limitée, les habitants d’un même quartier. Une démarche originale ayant pour principal objectif de créer du lien social. Bien entendu cela reste aussi un bon moyen pour introduire de la biodiversité en ville sans oublier que cela permet également aux citadins de retrouver un lien fort avec le végétal.



Les jardins responsables, à la fête des plantes vivaces du Domaine Saint-Jean de Beauregard, les 3, 4 et 5 avril, n’est pas passée inaperçue ! Avec son jardin "bien-être", le paysagiste Olivier Bedouelle a non seulement réussi à attirer l’attention des visiteurs qui, durant tout le temps de l’événement se sont massés sur son stand mais également, de la S N H F qui a décidé de lui remettre un prix. Une récompense décernée pour avoir su concilier, au sein d’un même espace, esthétisme et écologie. 

Partant du constat que le jardin est aujourd’hui un lieu essentiellement consacré aux loisirs, le paysagiste a pris le parti de diviser l’espace en plusieurs zones distinctes. Pour faciliter l’entretien, Olivier Bedouelle n’a sélectionné que des plantes endémiques (d’origine locales) peu gourmandes en eau.

2,3 millions de m2 de jardins gérés de manière responsable, l'organisation environnementale Terra Natura a lancé, en septembre 2008, l'opération baptisée ''Mon jardin pour la Planète'' qui invite le citoyen à gérer de manière écologique et responsable son jardin, sa surface, son balcon ou encore sa terrasse.L'objectif de l'opération est de constituer le premier réseau national d'espaces verts gérés selon les principes de l'éco jardinage. A ce jour, Terra Natura enregistre plus de 2,3 millions de m2 de surfaces engagées volontaires avec 1.040 personnes impliquées dont 360 enfants. L'organisation recense également 6.225 arbres, 791 m2 de mares, 177 récupérateurs d'eau de pluie ou encore 25.347 m2 de potagers et 276 composteurs. action va s’amplifier et se propager en peu de temps. Pour participer, il suffit d'inscrire son balcon, sa terrasse ou son jardin, sur le site www.terranatura.fr et de s'engager à jardiner écologiquement. En contrepartie, les jardiniers trouveront en ligne les conseils de spécialistes. 



• Les premiers signes de reprise sont visibles, mais plus rien ne sera comme avant.  Ce sont toujours les prix bas qui conditionnent le marché, causant de grands changements dans les circuits de vente. Le jardin devient une valeur de plus en plus solide.

Brand Wagenaar

Les sources : articles, tableaux et références du mois d’avril 2009  ayant servi de support à cette synthèse sont disponibles sur demande.